Le genévrier cade

Le genévrier cade des garrigues, élément de culture provençale

 

Il y a en Provence plusieurs variétés de genévriers. Il ne faut pas confondre le genévrier cade avec le genévrier commun ( " Juniperus communis " ), qui donne la fameuse baie de genièvre que nous connaissons tous en cuisine et qui est géographiquement beaucoup plus répandu. A première vue, ils se ressemblent beaucoup, avec leurs feuilles étroites en forme de piquants ; cependant il y a un moyen très facile de les différencier : d'abord, la face interne de la fine feuille du genévrier commun n'a qu'une bande claire, alors que celle du genévrier cade en a deux. Ensuite, les baies sont différentes : celles du genévrier commun sont d'un bleu foncé, presque noir, à maturité, alors que celles du genévrier cade sont plus grosses et brun rouge à maturité. Les deux variétés sont les seules dont les baies sont comestibles.

Le genévrier cade est présent sur tout le pourtour méditerranéen. Il pousse sur les sols arides et rocailleux, formant l'une des plantes caractéristiques de la garrigue ; on l'y trouve souvent associé aux chêne kermès et au chêne vert. Dans ce contexte, cet arbuste ne dépasse pas 1 à 2m de haut, bien qu'il puisse y avoir des spécimens plus importants. 

Coupe d'un four à cade, qui servait autrefois à fabriquer l'huile de cade à partir du bois de la plante. 1) Couloir, ou  " voûte " ; 2) Dalle inclinée par laquelle s'écoulait l'huile ; 3) Chambre de combustion, à laquelle on accédait par deux ouvertures latérales ; 4) Chambre dans laquelle était placé le bois de cade, enfourné par un trou circulaire au sommet de l'ensemble.

Il fait pleinement partie de la culture provençale, car on rencontre en se promenant dans la campagne de nombreuses ruines de fours à cade. Dans ces fours, on fabriquait autrefois l'huile de cade, dont les vertus sont multiples : cicatrisante et antiseptique, elle était en particulier utilisée pour soigner certaines maladies des animaux domestiques, mais aussi chez les humains pour des maladies de peau.

Les fours à cade se sont multipliésdans les garrigues provençales au XIXe s. et ont été définitivement abandonnés vers le milieu du XXe s. au profit d'une fabrication industrielle. L'huile de cade est aujourd'hui encore utilisée pour soigner certaines maladies de peau, intervenant dans la composition de savons ou de shampoings.

 

 



Réagir


CAPTCHA